Texte -3 -

                    Sculptures

La culture est le génie d'un peuple, sa singularité,

apportant son message au monde.

La main est le génie de l'esprit,

transcrivant la marque de l'homme sur le temps.

Le dessin rupestre préfigure ce qui deviendra représentations

successives d'une esthétique de la nature, de la beauté.

Comment alors maitrser l'oeuvre de l'homme

pour donner sens à ce qui finit par être un art ?

Comment se détacher du plan, du support, pour donner

une vie différente à l'espace.

Alors que ce qui est représenté sur le mur,sur la toile,

va jusqu'à dénier ce qui est sa surface pour ouvrir

sur un ailleurs du cadre, l'objet - sculpture,du plus primitif au plus singulier,

du plus figuratif au plus abstrait,

va habiter l' environnement de celui qui le touche, le contourne,

le façonne à nouveau par la caresse d'un regard.

Comment ne pas projeter dans cette terre cuite,

cette pierre marbrée, ce bois nervuré, ce fer courbé,

jusqu'à cette cire éphémère qui deviendra bronze ?

Cette palette engendrée de la main du sculpteur

s'offre à l'espace, à l' extérieur de lui et de chacun,

jusqu'à faire naître le sentiment - objet d'un indicible.

Comment ne pas se laisser aller, par surprise,

à l'effacement de la conscience, pour cotoyer,

le temps d'un instant; en toute simplicité, en silence,

la plénitude du réel.           Jean - Marie   Bessuges  -  2007  -

 

 

                 L atelier.

        L'atelier, c'est comme l' intérieur de ma tête, ma cverne à moi.

Les esquisses, les formes ébauchées,les modelages rapides pour mémoire cohabitent avec les péces

en élaboration et celles finies.Toutes ces présences fonctionnent et me parlent.

Dans l'atelier dorment les sculptures - certaines jamais montrées - elles attendent les yeux qui

les éveilleront.

Sorties de l'atelier, lieu clos de la réalisation, elles vont prendre vie dans la lumiére et dans la contemplation 

créative des regards.

 

          A l'origine était la matiére.Tout est forme autour de nous.nous mêmes sommes des volumes éphémères

en mouvement.

Avant la communication verbale existe une relation originelle archaîque et muette, celle du regard;

Il enveloppe et reçoit en échange des sensations selon son propre imaginaire.Vient ensuite le toucher

perception simple de la matiére, relation sensuelle des surfaces douces ou rugueuses,compréhension

du volume et de sa pesanteur qui accentue sa présence lourde et immobile.

        Et je vogue en évitant les écueils de ces rivages opposés que sont le réalisme figuratif ou le sentiment

peut inonder et dévaster la forme, etla rigeue du signe abstrait niant toute émotion.Entre la taille directe

" per forza di levare " et le modelage "per via di porre " la forme qui en résulte peut être trés différente

mais l'esprit qui guide la main est le même.

        La sculpture est debout,vivante. Loin des sacs funestes et des cordons de méditation

,je parlerai de ces petits bronzes faits de corps emmêlés d'amour,de ces sculptures ou l'osier éphémère voisine

avec le métal inaltérable, de ces marbres dont la présence nou rend conscients de l'immuabilité et nous

entraine dans une réflexion sur le temps et la légitimité de notre présence.

 

        Le lent cheminement vers la sculpture passe par le recueillement , la méditation.Cette errance peut devenir

plus importante que le résultat concret.Les plus belles sculptures sont celles que l'on rêve.

Ferme les yeux et regarde ...                             Philippe  Sivan  -  2007  -